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Simenon, Georges - Au Rendez-vous des Terre-Neuvas

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Simenon, Georges - Au Rendez-vous des Terre-Neuvas
Название: Au Rendez-vous des Terre-Neuvas
Автор: Simenon
ISBN: нет данных
Год: неизвестен
Дата добавления: 28 октябрь 2019
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Au Rendez-vous des Terre-Neuvas - читать бесплатно онлайн , автор Simenon

- Que c'est le meilleur petit-gars du pays et que sa maman, qui n'a que lui, est capable d'en mourir. J'ai la certitude, comme tout le monde ici, qu'il est innocent. Mais les marins à qui j'en ai parlé prétendent qu'il sera condamné parce que les tribunaux civils n'ont jamais rien compris aux choses de la mer...


" Fais tout ce que tu pourras, comme si c'était pour toi-même... J'ai appris par les journaux que tu es devenu une haute personnalité de la Police judiciaire... " C'était un matin de juin ; Mme Maigret, dans l'appartement du boulevard Richard-Lenoir, dont toutes les fenêtres étaient ouvertes, achevait de bourrer de grandes malles d'osier, et Maigret, sans faux col, lisait à mi-voix. " De qui est-ce ?


- Jorissen... Nous avons été à l'école ensemble... Il est devenu instituteur à Quimper... Dis donc, tu tiens beaucoup à ce que nous passions nos huit jours de vacances en Alsace ?....


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— Maintenant…

Il sanglota. Et il cria littéralement :

— Il va falloir que je meure quand même !… Et je ne veux pas mourir !… J’ai peur de mourir… Je… Je…

Son corps avait de tels soubresauts que Maigret appela une infirmière et celle-ci le maîtrisa, sans fièvre, avec des gestes qu’une longue habitude professionnelle rendait précis.

Pour la seconde fois le chalutier lançait son appel déchirant et les femmes couraient se masser sur la jetée.


11


Le départ de l’Océan

Maigret arriva sur le quai juste au moment où le nouveau capitaine donnait l’ordre de larguer les aussières. Il aperçut le chef mécanicien qui faisait ses adieux à sa femme et il s’approcha, le prit à part.

— Un renseignement… C’est bien vous, n’est-ce pas, qui avez trouvé le testament du capitaine et l’avez jeté dans la boîte aux lettres du commissariat ?…

L’autre se troubla, hésita.

— Ne craignez rien… Vous soupçonniez Le Clinche… Vous avez pensé que c’était le moyen de le sauver… Encore que vous aviez tourné autour de la même femme…

La sirène, rageuse, appelait les retardataires et les étreintes se dénouaient, sur le quai.

— Ne me parlez plus de ça, voulez-vous ?… C’est vrai qu’il va mourir ?…

— À moins qu’on ne le sauve… Où était le testament ?…

— Dans les papiers du capitaine…

— Et qu’est-ce que vous y cherchiez ?

— J’espérais trouver une photo…, avoua l’autre en baissant la tête. Vous permettez ?… Il faut que…

L’aussière tombait à l’eau. On allait lever la passerelle. Le chef mécanicien sauta à bord, adressa un dernier signe à sa femme, un regard à Maigret.

Et le chalutier se dirigea lentement vers la sortie du port. Un homme portait le mousse, à peine âgé de quinze ans, sur ses épaules. Et l’enfant, qui lui avait pris sa pipe, la tenait fièrement entre ses dents.

À terre, des femmes pleuraient.

En marchant vite, on pouvait suivre le bateau, qui ne donnerait de la vitesse qu’une fois hors des jetées. Des gens criaient des recommandations.

— Si tu rencontres l’Atlantique, n’oublie pas de dire à Dugodet que sa femme…

Le ciel était toujours bouché. Le vent prenait le flot à rebrousse-poil et soulevait de petites vagues blanches qui faisaient un bruit rageur.

Un Parisien en pantalon de flanelle photographiait ce départ, suivi de deux jeunes filles en blanc qui riaient.

Maigret faillit renverser une femme qui se raccrocha à son bras, questionna :

— Eh bien ?… Il va mieux ?…

C’était Adèle, qui n’avait pas mis de poudre depuis le matin au moins et qui avait la peau luisante.

— Buzier ?… questionna le commissaire.

— Il a préféré filer au Havre… Il a peur des histoires… Et, comme je lui ai dit que je le laissais tomber… Mais le gosse, Pierre Le Clinche ?

— Sais pas.

— Dites !…

Mais non ! Il l’abandonnait à son sort. Il avait aperçu un groupe sur la jetée : Marie Léonnec, son père et Mme Maigret. Tous trois étaient tournés vers le chalutier qui passait un moment à leur hauteur et Marie Léonnec disait avec ferveur :

— C’est son bateau…

Maigret s’avança lentement, grognon. Sa femme fut la première à l’apercevoir dans la foule des gens qui venaient assister au départ du terre-neuvas.

— Il est sauvé ?

M. Léonnec, anxieux, tourna vers lui son nez difforme.

— Ah ! je suis bien content de vous voir… Où en est maintenant l’enquête, monsieur le commissaire ?…

— Nulle part.

— C’est-à-dire ?…

— Rien… Je ne sais pas…

Marie écarquillait les yeux.

— Mais Pierre ?…

— L’opération a réussi… Il paraît sauvé…

— Il est innocent, n’est-ce pas ?… Je vous supplie !… Dites à mon père qu’il est innocent.

Elle y mettait toute son âme. Et Maigret, en la regardant, l’imaginait telle qu’elle serait dix ans plus tard, avec les mêmes traits que son père, un air un peu sévère, bien fait pour en imposer aux clients du magasin.

— Il n’a pas tué le capitaine…, dit-il.

Et, à sa femme :

— Je viens de recevoir un télégramme qui m’appelle à Paris…

— Déjà ?… J’avais promis de prendre un bain, demain, avec…

Elle comprit son regard.

— Vous nous excusez…

— Mais nous vous accompagnons jusqu’à l’hôtel…

Maigret aperçut le père de Jean-Marie, ivre mort, qui tendait encore le poing au chalutier, et il détourna la tête.

— Ne vous dérangez pas, je vous en prie…

— Dites-moi ! prononçait M. Léonnec. Croyez-vous que je puisse le faire transporter à Quimper ?… Il est certain que des gens jaseront…

Marie le regardait d’un air suppliant. Elle était toute pâle. Elle balbutia :

— Puisqu’il est innocent !…

Et Maigret avait son visage le plus bougon, son regard vague.

— Je ne sais pas… Vous êtes mieux à même…

— Vous me permettez quand même de vous offrir quelque chose… Une bouteille de champagne ?…

— Merci…

— Un petit verre… Une Bénédictine, par exemple, puisque nous sommes dans le pays…

— Un demi…

Mme Maigret bouclait les valises, là-haut.

— Alors, vous êtes bien de mon avis, n’est-ce pas ?… C’est un brave garçon qui…

Toujours ce regard de la jeune fille ! Ce regard qui le suppliait de dire oui !

— Je pense que ce sera un bon mari…

— Et un bon commerçant ! renchérit le père. Car je n’entends pas le laisser naviguer des mois durant… Quand on est marié, on se doit de…

— Évidemment !…

— Surtout que je n’ai pas de fils… Vous devez me comprendre, vous !

— Oui…

Maigret regardait l’escalier. Enfin sa femme s’y montra.

— Les bagages sont prêts… Il paraît qu’il n’y a un train qu’à…

— Peu importe ! Nous louerons une voiture.

C’était une fuite !

— Si vous avez l’occasion de passer par Quimper…

— Oui… Oui…

Et ce regard de la jeune fille !… Elle semblait avoir compris que tout n’était pas aussi clair qu’il y paraissait, mais elle conjurait Maigret de se taire.

Elle voulait son fiancé.

Le commissaire serra des mains, paya sa note, vida son demi.

— En vous remerciant mille fois, monsieur Maigret…

— Il n’y a vraiment pas de quoi…

L’auto commandée par téléphone arrivait.


…et, à moins que vous n’ayez découvert des éléments qui m’aient échappé, je conclus en conseillant le classement de l’affaire…


C’était le passage d’une lettre du commissaire Grenier, de la Brigade mobile du Havre, à Maigret qui répondit télégraphiquement :


D’accord.

 

À six mois de là, il reçut un faire-part qui disait :


Mme veuve Le Clinche a l’honneur de vous annoncer le mariage de son fils Pierre avec Mlle Marie Léonnec…, etc.

Et, un peu plus tard, comme il visitait, pour les besoins d’une enquête, une maison spéciale de la rue Pasquier, il crut reconnaître une jeune femme qui détourna la tête.

Adèle !

Ce fut tout ! Ou plutôt, cinq ans plus tard, Maigret passa à Quimper. Il aperçut sur son seuil un marchand de cordages. C’était un homme jeune encore, très grand, qui commençait à prendre du ventre.

Il boitait légèrement. Il appelait un gamin de trois ans qui jouait à la toupie sur le trottoir.

— Tu veux rentrer, Pierrot ?… Ta mère va te gronder…

Et l’homme, trop préoccupé par sa progéniture, ne reconnut pas Maigret qui, d’ailleurs, hâta le pas, détourna la tête et esquissa une drôle de moue.


FIN

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